Relais 12V 220V : Guide de câblage et schéma des bornes 85, 86, 30, 87

Darwin Blandeau

octobre 10, 2026

📋 Le relais 12V / 220V, retenez l’essentiel

⚡ Tension bobine 12 V CC (fonctionne entre 11 V et 14 V sur la plupart des modèles)
🔌 Tension supportée par les contacts 220‑240 V CA (courant alternatif)
⚙️ Courant maximum commuté 10 A à 16 A en standard ; certains relais acceptent jusqu’à 30 A
🔢 Bornes à connaître 85 et 86 → bobine · 30 → commun · 87 → contact NO · 87a → contact NF (sur modèles 5 broches)
🛠️ Utilisations courantes Éclairage de jardin, pompe d’arrosage, automatisme de portail, domotique, camping‑car
⚠️ Règle de sécurité n°1 Ne JAMAIS intervenir sur la partie 220 V avant d’avoir coupé le disjoncteur général

C’est quoi un relais 12V / 220V ? La réponse en clair

Un relais 12V 220V, c’est un interrupteur électromécanique piloté par une petite tension continue. Sa bobine s’alimente en 12 V continu et, quand elle est excitée, elle déplace des contacts métalliques capables de faire circuler du 230 V et plusieurs ampères. Autrement dit, tu commandes un circuit de puissance avec un simple signal basse tension, en gardant les deux mondes bien isolés l’un de l’autre. Ce n’est ni un transformateur ni un convertisseur. Le relais ne change pas la tension : il ouvre ou ferme physiquement un circuit en fonction du signal qui arrive sur sa bobine. La bobine, elle, accepte typiquement une plage de 11 V à 14 V, ce qui correspond parfaitement aux tensions d’une batterie de voiture ou d’une alimentation stabilisée 12 V. Certains fabricants indiquent même une tolérance plus large, mais je te conseille de toujours vérifier la fiche technique si tu as un doute. C’est le composant de base pour tous les bricoleurs qui veulent piloter un appareil 220 V à partir d’un Arduino, d’un Raspberry Pi, d’un interrupteur déporté ou d’un simple bouton poussoir 12 V. Et on va voir que, s’il reste simple à utiliser, un branchement propre évite bien des galères.

Pourquoi installer un relais ?

Parce que c’est le moyen le plus sûr et le plus fiable de séparer ta commande basse tension de l’alimentation secteur. Imagine que tu veuilles allumer un projecteur extérieur 220 V depuis un petit microcontrôleur. Tu n’as ni l’envie ni le droit de faire circuler du 230 V dans ton circuit logique – le relais crée cette barrière galvanique. Concrètement, un relais remplit trois missions :
  • 🛡️ Sécurité : ta commande 12 V reste isolée du réseau ; même en cas de court‑circuit côté puissance, la commande ne part pas en fumée.
  • 🔄 Automatisation : tu peux déclencher un moteur, une pompe ou un chauffage sur un horaire, une température, un capteur de présence, etc.
  • 🔧 Protection du matériel : un interrupteur mural classique ne supporterait pas longtemps l’appel de courant d’un moteur ou d’un transfo. Un relais dimensionné en conséquence, lui, encaisse sans broncher.
Au passage, installer un relais permet souvent d’économiser du câble et de simplifier le câblage : le signal 12 V peut circuler sur de longues distances avec du fil fin, là où un circuit 220 V demande des sections plus conséquentes et des règles strictes.

Comment brancher un relais 12V pour commuter du 220V ? (pas à pas)

Avant toute chose, coupe le disjoncteur général – vérifie l’absence de tension avec un VAT ou un multimètre sur la prise ou le câble concerné. Le 220 V ne pardonne pas. Une fois les consignes de sécurité respectées, voici la logique de câblage d’un relais 4 broches, le plus courant : 1. Repère les bornes de la bobine : 85 et 86. La polarité n’a pas d’importance, SAUF si le relais comporte une diode de roue libre intégrée (dans ce cas, le schéma imprimé sur le boîtier indique le sens). Connecte ton signal 12 V à l’une, et la masse à l’autre. 2. Repère la borne 30, c’est le commun d’alimentation du circuit de puissance. Sur ce plot, amène la phase 220 V (le fil marron, si tu suis les codes couleurs). 3. La borne 87 est le contact normalement ouvert (NO). Quand la bobine est excitée, le relais ferme et laisse passer le courant. Branche ici le fil qui part vers ta charge (lampe, pompe, etc.). 4. Le neutre (fil bleu) se connecte directement à la charge, sans passer par le relais. Certains schémas coupent aussi le neutre via un deuxième contact, mais en usage domestique sur un circuit simple, couper uniquement la phase est suffisant et plus simple. 5. N’oublie pas la terre (fil vert/jaune) qui doit être raccordée en continu sur la charge, pour ta sécurité. Pour un relais 5 broches, tu as en plus la borne 87a, normalement fermée au repos. Elle s’ouvre quand le relais s’active. Utile pour commander une bascule entre deux circuits, ou pour un mode « arrêt par défaut ».
relais 12v 220v

Dans quel cas utiliser un relais 12V 220V ? (au‑delà de la théorie)

Les applications sont nombreuses, et pas seulement réservées aux électroniciens. Voici quelques exemples bien réels que j’ai croisés chez des clients ou sur les forums :
  • 🚗 Véhicules aménagés et camping‑cars : commander une prise 220 V depuis un interrupteur 12 V ou un détecteur de présence dans le coffre.
  • 🌱 Pompe d’arrosage automatique : un programmateur 12 V (type Arduino) active un relais qui enclenche une pompe immergée 220 V.
  • 🚪 Portail motorisé : le boîtier de commande en 12 V envoie un ordre au relais pour ouvrir ou fermer le moteur principal en 230 V.
  • 💡 Éclairage extérieur automatique : un capteur crépusculaire ou un détecteur de mouvement basse tension pilote un relais pour allumer des projecteurs, sans faire passer le secteur dans le capteur.
  • ♨️ Chauffage d’appoint : un thermostat 12 V/24 V très précis commande un radiateur électrique via un relais, idéal pour une serre.
Ce qui importe dans tous ces cas, c’est que le relais découple physiquement la partie commande (souvent électronique fragile) de la partie puissance. En 2026, avec l’essor des objets connectés à bas coût, c’est le composant malin pour ne pas cramer une carte domotique à 40 €.
💡 Le conseil de Darwin : Ne sous‑dimensionne jamais ton relais. Si ta charge est un moteur (portail, pompe), prends un modèle supportant un courant de sécurité d’au moins 2 fois l’intensité nominale affichée sur la plaque. L’appel de courant au démarrage peut faire coller les contacts d’un relais trop juste.

Comment bien choisir son relais 12V ? Ne te trompe pas sur ces critères

J’ai vu trop de bricoleurs prendre « le premier relais qui ressemble » et se retrouver avec des contacts soudés ou une bobine qui fume. Voici les trois points vraiment déterminants :
  • 🔌 Le courant de charge et son type : un grille‑pain (résistif) et un moteur (inductif) ne se comportent pas pareil. Un relais donné pour 10 A en résistif tiendra peut‑être 5 A en inductif. Vérifie la fiche technique ou, à défaut, majore toujours la puissance.
  • 🧷 Le nombre de contacts et la configuration : as‑tu besoin d’un simple contact NO (4 broches) ou d’un inverseur NO+NF (5 broches) ? Si tu veux que ta charge soit coupée au repos, un 5 broches avec la borne 87a est idéal.
  • 🏷️ La qualité et la provenance : privilégie des marques reconnues comme Finder, Omron ou Songle, en évitant les clones sans marque. Un relais défaillant en pleine nuit sur un circuit 220 V, ce n’est pas le moment de découvrir que le prix bas n’était pas une bonne affaire.
Par ailleurs, regarde la tension et la consommation de la bobine : un relais pour automobile consomme souvent autour de 80 mA sous 12 V, ce qui est parfait pour un microcontrôleur. Mais certains modèles industriels demandent 200 mA ou plus – assure‑toi que ton alimentation 12 V suit.

Relais 4 broches ou 5 broches : lequel choisir ?

Tu verras souvent ces deux appellations dans les boutiques. La différence, c’est la borne 87a présente sur le modèle 5 broches. 👉 Relais 4 broches : bornes 30, 85, 86, 87. Quand la bobine est au repos, le circuit 220 V est ouvert ; quand tu actives la bobine, il se ferme. C’est le plus répandu pour un simple allumage/arrêt. 👉 Relais 5 broches : mêmes bornes plus la 87a. Au repos, le circuit est fermé entre 30 et 87a ; quand la bobine s’active, il bascule pour fermer 30‑87 et ouvrir 30‑87a. Ça permet par exemple de maintenir une veilleuse allumée jusqu’à ce que la lampe principale s’allume, ou d’arrêter une pompe par défaut. Dans le doute, je conseille toujours de prendre un 5 broches : il coûte quelques centimes de plus et t’offre une souplesse d’installation bienvenue. Mais si ton projet consiste juste en un interrupteur commandé, le 4 broches suffit.

Mes astuces pour un branchement durable (et sans prise de tête)

Avec l’expérience, on évite des erreurs bêtes qui coûtent cher. Voici celles que j’ai vues trop souvent sur le terrain :
  • ❌ Ne pas prévoir de protection : toujours placer un fusible ou un disjoncteur adapté sur le circuit 220 V que pilote le relais. Le relais n’est pas un fusible, et un court‑circuit côté charge peut faire fondre le boîtier.
  • ❌ Utiliser du fil de faible section pour le 220 V : respecte au minimum du 1,5 mm² pour un éclairage, 2,5 mm² pour une prise. Le fil de bobine, lui, peut être en 0,5 mm².
  • ❌ Oublier la diode de roue libre quand la commande vient d’un microcontrôleur ou d’un transistor. La surtension de coupure de la bobine peut griller une sortie. Une simple diode 1N4007 en inverse sur les bornes de la bobine règle le problème.
  • ❌ Serrer les cosses comme un bourrin : sur un relais à broche plate, un serrage excessif écrase le connecteur et engendre un faux contact à la longue.
  • ❌ Négliger l’aération : un relais qui commute une charge de 15 A chauffe un peu. Laisse‑lui de l’air, ne l’enferme pas dans une boîte sans ventilation.
J’ai le souvenir d’un relais installé dans une boîte de dérivation étanche pour une pompe de bassin, sans drain de condensation. Résultat : les contacts ont rouillé en moins de deux ans. Un petit trou de drainage, et c’était réglé.

✨ Mon verdict

Le relais 12V / 220V, c’est le couteau suisse de l’électricien bricoleur. Simple à appréhender, fiable quand il est bien choisi, et capable de faire cohabiter un Arduino et une pompe de piscine sans drame. Les points essentiels à retenir :

  • Respecte scrupuleusement le schéma de câblage : bobine sur 85‑86, phase sur 30, charge sur 87, neutre en direct. Et toujours hors tension !
  • Dimensionne ton relais pour le pire cas, surtout si tu commandes un moteur. Sur‑dimensionner un poil ne coûte presque rien et t’évite les nuits blanches.
  • Ajoute les protections (fusible, disjoncteur, diode) pour faire durer l’installation. Un petit composant en plus aujourd’hui, c’est une carte électronique ou un départ de fumée en moins demain.
  • Fais confiance aux marques qui ont fait leurs preuves. Le prix d’un relais correct est dérisoire comparé à celui d’un sinistre.

En 2026, avec l’explosion des automatismes personnels, savoir câbler un relais 12V/220V est une compétence qui te servira plus souvent que tu ne le crois. Que ce soit pour ton jardin connecté, ton van aménagé ou ta domotique, ce petit bloc t’ouvre la voie vers des réalisations à la fois sûres et élégantes.

Et toi, quel est ton prochain projet avec un relais ? Une lumière qui s’allume toute seule, un portail piloté depuis ton smartphone, ou peut‑être une trappe secrète ? Viens le raconter en commentaire, je suis curieux de voir ce que tu bricoles.

Une bobine de relais traverse un courant continu, ce qui génère de la chaleur par effet Joule. C’est tout à fait normal, mais si le boîtier devient brûlant au point de ne pas pouvoir le toucher, vérifie deux choses : la tension d’alimentation ne dépasse pas la tension nominale (par exemple, 12 V et non 15 V si le relais est estampillé 12 V) et le courant de la bobine correspond bien à ce que ton alimentation peut fournir sans forcer. Une bobine sous‑dimensionnée qui reçoit plus de tension que prévu chauffe anormalement. Enfin, assure-toi que le relais est correctement ventilé et qu’il n’est pas enserré dans un boîtier étanche sans dissipation.

Un contacteur est un type particulier de relais électromécanique, généralement conçu pour commuter de très fortes puissances (plusieurs dizaines, voire centaines d’ampères) avec des bobines souvent en 230 V. Pour un bricoleur qui veut piloter un éclairage ou une pompe de quelques ampères en 220 V, un relais 12 V classique est plus simple, moins cher et plus adapté. Le contacteur trouve son utilité sur des moteurs triphasés ou des chauffages industriels où l’on doit couper trois phases simultanément. En usage domestique, un relais 10-16 A suffit amplement, sauf si votre charge dépasse 30 A – dans ce cas, on bascule vers un contacteur de puissance.

On regroupe en général les relais en trois grandes familles : les relais électromécaniques (avec une bobine et des contacts physiques, ce sont les plus courants pour le 12V/220V), les relais statiques (sans pièces mobiles, utilisant des thyristors ou triacs pour commuter, silencieux et adaptés aux hautes fréquences de commutation), et les relais à lames souples (reed relais, hermétiques, pour de très faibles courants). Pour nos applications de bricolage, l’électromécanique reste le roi car il combine prix bas, robustesse et grande capacité de coupure sur charge inductive. Un relais statique peut toutefois être préféré si vous devez commuter un chauffage via un PID avec des cycles très courts.

Oui, la tension nominale d’une batterie auto (12 V) correspond exactement à ce pour quoi ces relais sont conçus, avec une tolérance acceptant couramment 11-14 V. Toutefois, le démarrage du moteur peut faire chuter la tension momentanément et, à l’inverse, l’alternateur peut envoyer jusqu’à 14,4 V en charge. Ces variations restent dans la plage de sécurité de la plupart des relais automobiles. Attention néanmoins : si vous pilotez ce relais depuis un microcontrôleur branché sur la même batterie, ajoutez une diode de roue libre aux bornes de la bobine et éventuellement un petit filtre RC sur l’alimentation du microcontrôleur, car une batterie de voiture génère des parasites lors du démarrage.

Absolument oui, c’est même indispensable. Un relais n’est pas conçu pour jouer le rôle de protection ; en cas de court‑circuit sur la charge, ses contacts peuvent souder ou fondre avant qu’un disjoncteur ne réagisse. Placez toujours un fusible (ou un disjoncteur divisionnaire) calibré en fonction de la charge sur le conducteur de phase avant le relais, par exemple 10 A pour une pompe de 2 kW. Ce fusible protégera à la fois le câblage et le relais, et vous évitera de remplacer l’ensemble de l’installation après un incident. Ne lésinez pas sur ce composant de quelques centimes – c’est votre première ligne de défense.

Laisser un commentaire