Remplacer un fusible 16A par un disjoncteur 20A : ce que dit la norme NF C 15-100

Darwin Blandeau

septembre 19, 2026

🛠️ L’essentiel à retenir avant de toucher au tableau électrique

  • Remplacer un fusible 16A par un disjoncteur 20A est autorisĂ© par la norme NF C 15-100, Ă  condition que la section des fils soit de 2,5 mm² minimum.
  • Si les fils sont en 1,5 mm², vous devez impĂ©rativement rester sur un calibre 16A (ou moins).
  • Le disjoncteur doit ĂŞtre de type courbe C, prendre 1 module dans le tableau et ĂŞtre de marque compatible (Legrand, Schneider, Hager).
  • Avant toute manipulation : couper le disjoncteur d’abonnĂ© et vĂ©rifier l’absence de tension avec un testeur.
  • On ne touche pas si le tableau est ancien ou si le câblage est douteux : faites appel Ă  un Ă©lectricien qualifiĂ©.

Je vois trop de bricoleurs s’imaginer qu’on peut booster un circuit comme on ajoute un turbo sur une voiture. Passer d’un fusible 16A à un disjoncteur 20A, c’est du sérieux. Si vos fils ne suivent pas, c’est l’incendie assuré. Mais si tout est en règle, le jeu en vaut la chandelle : plus de confort, moins d’interruptions, et une installation aux normes actuelles.

Dans ce guide, je vous explique quand et comment remplacer ce vieux porte‑fusible, quel matériel acheter, et surtout les pièges à éviter — ceux que j’ai moi‑même rencontrés sur des chantiers. Allez, on retrousse les manches.

remplacer fusible 16a par disjoncteur 20a

Est-il possible de remplacer un fusible 16A par un disjoncteur 20A ?

Oui, c’est possible et même recommandé quand l’installation existante est câblée en 2,5 mm². La norme NF C 15-100 autorise explicitement ce passage au calibre 20A, précisément parce que des conducteurs de 2,5 mm² supportent sans broncher une intensité de 20 ampères en continu. En revanche, avec du 1,5 mm², vous devez impérativement rester à 16A maximum.

Cette règle est physique : plus le fil est fin, plus il chauffe quand le courant augmente. Un disjoncteur de 20A sur du 1,5 mm² ne déclenchera jamais assez vite pour empêcher la gaine PVC de fondre et le cuivre de rougir. Résultat : court‑circuit ou feu derrière la cloison. Mon conseil ? Sortez le multimètre et surtout le pied à coulisse : mesurez le diamètre des conducteurs. Si vous voyez du 1,5 mm², oubliez le 20A.

Sur un circuit de prises de courant protégé à l’origine par un fusible 16A, bien souvent le câblage est déjà en 2,5 mm². C’était la bonne surprise chez un client le mois dernier : tableau années 80, fusibles à cartouche, mais fils de 2,5 mm² nickel. On a pu remplacer l’ensemble par des disjoncteurs 20A et gagner en fiabilité sans recâbler.

La section des fils : l’unique vérité qui compte

Le calibre du disjoncteur n’est que le reflet de la section des fils qu’il protège. Si vos conducteurs ne sont pas à la hauteur, le disjoncteur ne sert à rien. C’est comme poser un garde‑corps en ficelle : l’illusion de la sécurité.

Voici le tableau qui fait foi chez tous les électriciens (et qui devrait être affiché dans votre garage) :

Section des conducteurs Calibre maxi du disjoncteur Usage typique
1,5 mm² 16A Éclairage, volets roulants
2,5 mm² 20A Prises de courant, lave‑linge, four
4 mm² 25A Plaque de cuisson, fil pilote
6 mm² 32A Cuisinière, borne de recharge

Gardez ce tableau en tête. Il vous évitera de faire n’importe quoi. Et si vous avez un vieux tableau où les sections ne sont pas évidentes, mesurez plutôt que deviner. J’ai déjà vu des fils de 1,5 mm² étiquetés 20A par un bricoleur du dimanche — le tableau sentait le chaud, au propre comme au figuré.

Pourquoi remplacer un fusible 16A par un disjoncteur 20A ?

Le principal avantage, c’est le confort de réarmement immédiat sans cartouche de rechange. Mais c’est aussi une protection plus précise : le disjoncteur magnéto‑thermique détecte les surcharges bien plus finement qu’un fusible à fusion lente.

Le fusible à cartouche, c’est un peu le dinosaure du tableau. Quand il saute, vous devez farfouiller dans un tiroir pour trouver la bonne ampérage — et prier qu’il y en ait encore une. Avec un disjoncteur, un simple relevage de manette et c’est reparti. Sur un circuit de prises qui dessert la cuisine, par exemple, c’est le jour et la nuit : un petit pic au démarrage du micro‑ondes et hop, plus de fusible sur l’ancien système. En 20A avec courbe C, le disjoncteur tient bon.

Autre point : la précision thermique. Un fusible 16A fond au‑delà d’une certaine température, mais avec une inertie. Pendant ce laps de temps, vos fils chauffent déjà. Le disjoncteur 20A, lui, intègre un bilame qui réagit quasi instantanément à la surcharge et coupe avant que la température ne grimpe trop. On n’est plus dans le bricolage, on est dans la norme moderne.

Et puis, parlons norme : la NF C 15-100 a été pensée pour le disjoncteur, pas pour le fusible. Aujourd’hui, un circuit de prises en 2,5 mm² doit être protégé par un disjoncteur 20A de type C. Vos assureurs apprécieront en cas de sinistre.

Guide pas Ă  pas : remplacer un fusible par un disjoncteur (sans tout faire sauter)

La sécurité avant tout : coupez le disjoncteur d’abonné, vérifiez l’absence de tension, puis remplacez le porte‑fusible par un disjoncteur phase‑neutre en respectant la polarité. C’est une opération accessible si vous êtes à l’aise avec un tournevis, mais ne jouez pas les héros si le tableau est vétuste.

Voici la méthode que j’applique sur tous mes chantiers :

  • 🔌 1. Coupez le courant gĂ©nĂ©ral : ce n’est pas le fusible du circuit qu’il faut Ă´ter, c’est l’interrupteur principal. VĂ©rifiez au voltmètre entre phase et neutre, et entre phase et terre. ZĂ©ro volt partout.
  • đź”§ 2. Retirez le porte‑fusible : dĂ©vissez ses bornes et notez la couleur des fils (en gĂ©nĂ©ral, phase rouge ou marron, neutre bleu). Si vous avez un doute, faites un repère au scotch de couleur.
  • đź›’ 3. Choisissez votre disjoncteur : phase‑neutre, 20A, courbe C, 1 module, compatible avec votre peigne. MĂŞme marque que le tableau si possible, pour Ă©viter les mauvaises surprises de fixation (Legrand, Schneider, Hager, Siemens…).
  • 🔩 4. Fixez le nouveau module : encliquetez-le sur le rail DIN. Serrez bien les vis des bornes : phase sur L, neutre sur N. Un serrage insuffisant = rĂ©sistance = Ă©chauffement.
  • đź”— 5. Remettez le peigne : si vous utilisez un peigne horizontal, alignez-le sur toutes les bornes de la rangĂ©e. C’est bien plus propre qu’un pont en fil rigide et ça Ă©vite les mauvais contacts.
  • đź§° 6. Refermez le tableau : remettez le couvercle, puis rĂ©enclenchez le disjoncteur d’abonnĂ©. Testez le nouveau disjoncteur en appuyant sur le bouton test (souvent un « T » rouge).

Pour visualiser ces étapes, voici une démonstration vidéo

Que se passe-t-il si vous installez un disjoncteur trop gros ?

Le disjoncteur ne protégera plus les fils : il laissera passer un courant que les câbles ne peuvent pas supporter, entraînant une surchauffe avec un risque d’incendie. J’ai vu un tableau carbonisé où un bricoleur avait mis du 20A sur du 1,5 mm², pensant « améliorer » son circuit de volets roulants.

L’explication est simple : un fil de 1,5 mm² chauffe dangereusement au‑dessus de 16A. Sa gaine PVC se ramollit, l’isolation fond, et à terme, vous avez un amorçage d’arc électrique. Pendant ce temps, le disjoncteur 20A, lui, croit que tout va bien — il attend 20A pour déclencher, que le fil ne peut jamais atteindre sans brûler avant.

Le même raisonnement vaut pour ceux qui seraient tentés de remplacer un disjoncteur 10A par un 20A sur un circuit éclairage. Les fils sont souvent en 1,5 mm², parfois même en 1 mm² sur les très vieilles maisons. Résultat : l’éclairage fonctionne, mais le câble chauffe en permanence. Un jour, c’est l’odeur de plastique brûlé dans le plafond.

Bref, ne jouez pas les apprentis sorciers avec les ampérages. Le calibre du disjoncteur est dicté par le maillon le plus faible de votre circuit, c’est-à-dire la section du fil. Si vous voulez vraiment 20A, faites repasser du 2,5 mm² — ou plus.

Différence entre un disjoncteur 16A et 20A : quand augmenter le calibre ?

La seule différence est l’intensité maximale qu’ils peuvent encaisser avant de déclencher. Le 16A coupe au‑delà de 16 ampères, le 20A au‑delà de 20. Augmenter le calibre n’a de sens que si vos câbles le permettent et si vous avez réellement besoin de plus de puissance sur ce circuit.

Dans la pratique, un circuit de prises en 2,5 mm² protégé par un 16A était déjà sous‑dimensionné à l’époque du fusible. La norme actuelle recommande d’être en 20A pour ne pas se faire sauter bêtement quand on branche un aspirateur un peu costaud en même temps qu’une perceuse. Si vous remplacez un vieux porte‑fusible 16A par un disjoncteur 20A, vous récoltez ce petit bonus de puissance sans aucun danger, puisque le 2,5 mm² le supporte très bien.

En revanche, ne montez jamais de 10A à 20A si les fils ne sont pas en 2,5 mm². J’entends encore ce collègue de forum dire : « J’ai remplacé le 10A de mes lumières par un 20A, je saute plus jamais ! » Le problème, c’est que du 1,5 mm² transportait alors près de 20A et que son interrupteur a fondu la semaine suivante.

Ce que j’ai appris sur le terrain : retour d’expérience

La plupart des tableaux anciens cachent des surprises, et la pire, c’est l’absence de section de fil identifiable. J’ai appris à mes dépens qu’un coup de cutter pour dénuder et un coup de pied à coulisse valent tous les schémas du monde.

Dans une maison des années 70 que je rénovais l’an dernier, les propriétaires voulaient « moderniser le tableau » en virant tous les fusibles. Sur le papier, simple. Sur place, j’ai découvert un mélange de 1,5 et 2,5 mm² sur la même rangée, des couleurs non normalisées (le rouge devenait neutre sur un circuit !), et un rail DIN qui ne correspondait à aucune marque actuelle. Moralité : nous avons passé une demi‑journée à tout re‑câbler et à changer le rail pour pouvoir monter des Legrand. Dans ce cas, remplacer un fusible 16A par un disjoncteur 20A n’était qu’un petit bout du chantier.

Si vous êtes dans une situation intermédiaire (tableau récent mais fusibles), le remplacement est un jeu d’enfant. J’ai chronométré : 15 minutes montre en main pour le premier, 5 pour les suivants. Mais jamais sans avoir mesuré la section. Et si vous avez le moindre doute, un électricien pour un diagnostic coûte moins cher qu’un remplacement de cloison.

💡 Astuce de Darwin : Sur un vieux tableau, les fils rigides sont souvent cassants. Ne les forcez pas en les pliant. S’ils sont trop courts pour le nouveau disjoncteur, utilisez un domino et un bout de fil de même section — c’est moche, mais c’est sûr. Ou mieux, passez un nouveau fil depuis la goulotte.

FAQ

À quel seuil se déclenche un disjoncteur de 20 ampères ?

Un disjoncteur 20A domestique (courbe C) commence son déclenchement thermique lorsque le courant dépasse 20 ampères en continu. En pratique, il peut tolérer de courtes pointes (comme le démarrage d’un moteur) sans sauter, grâce à sa courbe magnétique. La norme impose que le déclenchement thermique intervienne entre 1,13 et 1,45 fois le courant nominal (soit entre 22,6 et 29 A) après un certain temps, tandis que le déclenchement magnétique (court‑circuit) a lieu entre 5 et 10 fois In (donc 100‑200 A). C’est cette double protection qui rend le disjoncteur bien plus précis qu’un fusible. Pour plus de détails sur les courbes, le dossier de commentbricoler.fr explique le marquage C32N et ses implications.

Un courant de 16 ampères peut-il faire disjoncter un disjoncteur de 20 ampères ?

Non, un courant de 16A pur ne fera pas déclencher un disjoncteur de 20A, car il reste dans la plage nominale. Cependant, si ce courant est maintenu très longtemps (plusieurs heures) dans une ambiance chaude, le bilame pourrait éventuellement s’échauffer et provoquer un déclenchement thermique prématuré : on considère qu’un usage continu à plus de 80 % du calibre (16A sur 20A = 80 %) est à la limite. Les règles de l’art conseillent de ne pas dépasser 16A en charge continue sur un circuit 20A pour éviter tout risque de nuisance. Sur Armadillo, on retrouve cette recommandation de ne pas charger un circuit à plus de 80 % de son ampérage nominal en utilisation permanente.

Est-il possible de remplacer un tableau de fusibles par un tableau de disjoncteurs ?

Tout à fait, et c’est même une excellente idée pour gagner en sécurité et en confort. Le remplacement complet d’un tableau à fusibles par un tableau à disjoncteurs implique de vérifier chaque circuit : section des fils, calibre adapté, présence d’un interrupteur différentiel 30 mA en tête. Il faut également s’assurer que le nouveau rail DIN est compatible avec les modules choisis. Cette opération est plus lourde et nécessite généralement l’intervention d’un électricien qualifié, surtout si le câblage est ancien. Le site IZI by EDF détaille la procédure et rappelle l’importance de faire évaluer l’installation par un professionnel.

Comment choisir le bon disjoncteur pour remplacer un fusible 16A ?

Le choix doit se faire sur trois critères : le calibre (20A si fils en 2,5 mm², sinon 16A), la courbe C pour un usage domestique standard, et le format 1 module phase/neutre qui libère de la place dans le tableau. Vérifiez la compatibilité du peigne avec la marque de votre tableau : les systèmes de fixation des Legrand, Schneider (Resi9) ou Hager ne sont pas interchangeables. Privilégiez un modèle avec bouton test et indicateur visuel. Enfin, évitez les disjoncteurs sans marque ou sans certification NF, dont les tolérances de déclenchement sont parfois fantaisistes. Le guide de Peinture Paille insiste sur l’importance de la section des câbles pour choisir le bon calibre.

✨ Mon verdict

Remplacer un fusible 16A par un disjoncteur 20A, c’est un peu le geste de modernisation électrique le plus rentable que j’ai vu en 2026. À condition, bien sûr, que vos murs abritent du 2,5 mm². Si c’est le cas, vous gagnez sur tous les fronts : fini la chasse aux cartouches, une protection plus réactive, et la tranquillité d’un circuit conforme à la dernière norme.

Retenez quatre choses : mesurez la section avant d’acheter le matériel, ne lésinez pas sur la qualité du disjoncteur (courbe C, marque fiable), coupez toujours le courant général et vérifiez deux fois l’absence de tension. C’est simple, mais c’est ce qui sépare un bricoleur prudent d’un futur pompier involontaire.

Et si votre tableau est trop ancien, ne jouez pas les héros. Un bon électricien, c’est celui qu’on paie une fois pour dormir tranquille. Vous avez déjà tenté le remplacement d’un fusible par un disjoncteur ? Vous vous êtes retrouvé avec un fil trop court ou un rail impossible ? Venez raconter votre expérience en commentaire — je parie que vous avez des anecdotes qui valent les miennes.

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